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L'inclusion financière s'accélère, et l'épargne mène la marche
Le Global Findex 2025 de la Banque mondiale montre la plus forte hausse de l'épargne formelle en plus de dix ans, portée par le téléphone mobile. Ce qui a changé, et ce que cela signifie pour les équipes qui mesurent la santé financière.
Toutes les quelques années, la Banque mondiale pose à environ 145 000 adultes, dans plus de 140 économies, une série de questions simples : avez-vous un compte, épargnez-vous, comment payez-vous et êtes-vous payé ? L'édition 2025 du Global Findex, fondée sur des enquêtes menées en 2024, livre l'un des messages les plus encourageants de la série depuis des années.
L'essentiel : l'épargne, pas seulement l'accès
Pendant longtemps, on a mesuré l'inclusion financière surtout par l'accès, c'est-à-dire le nombre d'adultes titulaires d'un compte. Ce chiffre continue de progresser : près de 80 % des adultes dans le monde ont aujourd'hui un compte, contre environ la moitié en 2011.
Le fait marquant de 2025 est ailleurs : l'usage de ces comptes. Dans les économies en développement, 40 % des adultes ont épargné sur un compte financier en 2024, soit 16 points de pourcentage de plus qu'en 2021. La Banque mondiale y voit la hausse la plus rapide depuis plus d'une décennie.
C'est important, car l'épargne est le point où l'inclusion commence à changer la vie des gens. Un compte ouvert pour un seul virement puis abandonné aide peu un ménage. Un compte qui contient une réserve permet d'absorber une mauvaise récolte, une dépense de santé ou un paiement en retard sans vendre ses biens ni s'endetter à prix fort.
Le téléphone mobile fait le gros du travail
L'enquête désigne clairement la technologie mobile comme moteur. Un adulte sur dix dans les économies en développement a utilisé un compte de monnaie mobile pour épargner en 2024, en hausse de 5 points depuis 2021. Les paiements numériques aux commerçants progressent aussi : 42 % des adultes des pays à revenu faible et intermédiaire ont payé un commerçant de façon numérique en 2024, contre 35 % en 2021.
L'Afrique subsaharienne se distingue. La détention de compte y atteint 58 %, contre 49 % en 2021, et l'épargne formelle a gagné 12 points pour atteindre 35 % des adultes. La région affiche aussi le plus fort usage de la monnaie mobile au monde.
Pour avoir travaillé sur des chaînes de valeur agricoles au Burkina Faso, au Ghana, au Bénin et dans les pays voisins, ce constat ne me surprend pas, et il me réjouit. Les groupements de producteurs, les transformateurs et les commerçants se coordonnent déjà par téléphone. Quand les paiements et l'épargne passent par le même appareil, ils s'intègrent à l'activité quotidienne au lieu d'exiger un passage en agence.
Les femmes réduisent l'écart
Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, la détention de compte chez les femmes est passée de 37 % en 2011 à 73 % en 2024. À l'échelle mondiale, 77 % des femmes et 81 % des hommes ont désormais un compte. L'écart n'a pas disparu, mais il s'est nettement réduit.
Pour qui conçoit des programmes, c'est concret. Les programmes qui visent à accroître le revenu des femmes, en horticulture, en transformation alimentaire ou dans les petites entreprises, fonctionnent mieux quand les paiements parviennent à la personne qui fait le travail, sur un compte qu'elle contrôle.
L'occasion qui reste à saisir
Environ 1,3 milliard d'adultes n'ont toujours pas accès aux services financiers. Pourtant, quelque 900 millions d'entre eux possèdent déjà un téléphone mobile, dont 530 millions un téléphone intelligent. L'infrastructure de la prochaine vague d'inclusion est, en bonne partie, déjà dans leur poche.
Le rapport rappelle aussi une précaution utile : sur les 4 milliards d'adultes des économies à revenu faible et intermédiaire qui possèdent un téléphone, environ la moitié seulement utilise un mot de passe. La croissance de la finance numérique doit aller de pair avec une sécurité numérique de base.
Ce que cela signifie pour les équipes qui mesurent la santé financière
Si vous gérez un programme, le financez ou en analysez les résultats, les données de 2025 invitent à quelques changements concrets :
- Mesurer l'usage, pas seulement l'accès. Suivez dans le temps l'utilisation des comptes pour épargner, payer et recevoir de l'argent. Le nombre de comptes ouverts est un point de départ, pas un résultat.
- Ventiler par genre et par lieu dès le départ. Les moyennes nationales masquent les groupes qui rattrapent leur retard le plus vite, et ceux qui stagnent.
- Ajouter un indicateur de résilience. Une question simple — le ménage pourrait-il couvrir une dépense imprévue en moins d'un mois ? — en dit plus sur la santé financière que le seul nombre de comptes.
- Croiser enquêtes et données administratives. Les dossiers de programme, les résumés de transactions de monnaie mobile et les résultats d'enquête donnent ensemble une image bien plus claire qu'une source isolée. Un tableau de bord bien conçu peut les réunir en une seule vue pour les décideurs.
- Utiliser les microdonnées publiques. Les microdonnées du Findex sont gratuites et bien documentées. Elles constituent un excellent point de comparaison pour vos propres enquêtes.
Pourquoi je trouve cela encourageant
De bonnes données changent les conversations. Il y a dix ans, les débats sur l'inclusion financière reposaient souvent sur des anecdotes. Aujourd'hui, une enquête mondiale cohérente permet à chacun de comparer les pays, de suivre les progrès et de concentrer les efforts là où ils comptent le plus.
Les résultats de 2025 montrent que des outils numériques bien conçus, alliés à un travail patient sur le terrain, aident des centaines de millions de personnes à se constituer un coussin financier. C'est un progrès qui mérite d'être bien mesuré.
Si votre équipe cherche comment mesurer la santé financière ou l'impact d'un programme, j'échangerai volontiers avec vous.
Sources
- Mobile-Phone Technology Powers Saving Surge in Developing Economies (communiqué, 16 juillet 2025) — Banque mondiale
- The Global Findex Database 2025 — Banque mondiale
- Global Findex Database (présentation des données) — FinDev Gateway / CGAP